Syndrome de congestion pelvienne (SCP) : définition, causes et diagnostic
Comprendre les douleurs pelviennes chroniques de la femme liées aux varices pelviennes internes et au syndrome de congestion pelvienne
Réponse rapide
Le syndrome de congestion pelvienne, cause fréquemment méconnue de douleurs pelviennes chroniques chez la femme, est lié à une dilatation pathologique des veines ovariennes et utérines. Cette stase veineuse provoque des douleurs souvent aggravées en fin de journée ou après un rapport.
Qu'est-ce que le syndrome de congestion pelvienne ?
Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) est une cause fréquemment méconnue de douleurs pelviennes chroniques chez la femme, liée à une dilatation pathologique des veines ovariennes et utérines (varices pelviennes internes). La stase veineuse engendre une congestion des organes pelviens, responsable de douleurs chroniques sourdes ou d'une pesanteur pelvienne.
Le SCP touche principalement les femmes en âge de procréer, multipares, et est souvent sous-diagnostiqué car les varices sont internes (non visibles) et les symptômes sont non spécifiques.
🔍 Votre échographie ou IRM mentionne l'un de ces termes ?
Certaines formulations de compte-rendu radiologique orientent vers un syndrome de congestion pelvienne et justifient un avis spécialisé :
Causes et mécanismes
La dilatation des veines pelviennes résulte d'une insuffisance valvulaire des veines ovariennes (surtout gauche), qui entraîne un reflux veineux vers le pelvis. Les facteurs favorisants sont :
- Multiparité : les grossesses répétées dilatent les veines ovariennes
- Varicocèle ovarienne : analogue féminin de la varicocèle masculine
- Compression de la veine rénale gauche (syndrome du casse-noisette ou nutcracker)
- Compression de la veine iliaque gauche (syndrome de May-Thurner)
Symptômes du SCP
- Douleurs pelviennes chroniques (> 6 mois), sourdes, pesanteur, aggravées en position debout prolongée, en fin de journée, pendant les règles ou après un rapport
- Dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels)
- Dysménorrhées
- Varices visibles sur la face interne des cuisses, aux grandes lèvres ou en région fessière
- Soulagement partiel en position allongée
L'IRM pelvienne (veines ovariennes > 8 mm, varices utérines) et l'écho-Doppler transabdominal et transvaginal sont les examens de première intention. La phlébographie pelvienne (cathétérisme veineux) reste le gold standard diagnostique et peut être couplée à l'embolisation dans le même temps.
Une pathologie sans gravité, mais à fort retentissement
Le SCP est une affection sans gravité ne nécessitant aucune prise en charge en urgence. Son évolution est lente, comparable à celle des varices des membres inférieurs, et reste parfois stable dans le temps. Toutefois, des douleurs chroniques mal soulagées peuvent avoir, à la longue, un retentissement sur le moral (anxiété, irritabilité, parfois état dépressif) et sur la vie personnelle, professionnelle ou de couple. Des traitements médicamenteux peuvent atténuer partiellement les symptômes, mais ne traitent pas la cause du syndrome.
Le traitement : l'embolisation endovasculaire
Le traitement de référence du SCP est l'embolisation endovasculaire, geste mini-invasif réalisé par un radiologue interventionnel :
- Réalisée sous anesthésie locale, en passant par une ponction (le plus souvent au pli de l'aine), pendant environ 1 heure
- Consiste à obturer les veines pelviennes incontinentes à l'aide d'une mousse sclérosante et/ou d'une colle médicale
- Supprime le reflux veineux responsable de la stagnation sanguine et donc de la douleur
- L'indication est posée par le radiologue interventionnel lors d'une consultation dédiée
Lors de l'injection du produit sclérosant, des douleurs du bas-ventre similaires aux crises habituelles peuvent survenir pendant quelques secondes ; l'équipe prévient la patiente à chaque étape, et des antalgiques/antinauséeux sont administrés au préalable pour limiter cette sensation.
Suites opératoires et récupération
- Surveillance ambulatoire de 2 à 3 heures après le geste, avec passage du radiologue avant la sortie
- Repos d'une journée recommandé, puis un arrêt de travail d'environ une semaine
- Une douleur transitoire peut apparaître dans les 72 premières heures, régressant en général au cours de la première semaine ; anti-inflammatoires et antalgiques sont prescrits si besoin
- Un passage infirmier à domicile est habituellement proposé les 2-3 premiers jours
- Activités physiques et sportives, ainsi que tout effort augmentant la pression abdominale, sont à éviter durant la première semaine
- Les complications sont rares
Résultats et suivi
L'embolisation permet une amélioration significative des symptômes chez environ 80 à 90% des patientes après une ou deux interventions, avec dans les séries publiées une chute de l'intensité de la douleur d'environ 7/10 à 2/10 et une nette amélioration de la qualité de vie. Son efficacité dépend du mécanisme de la douleur, des antécédents médicaux et chirurgicaux, et de la durée d'évolution des symptômes avant traitement.
Une consultation avec IRM de contrôle est programmée à 3 mois du geste afin d'évaluer l'efficacité du traitement et la nécessité éventuelle d'une nouvelle embolisation. Le radiologue reste disponible par mail pour toute question après l'intervention.
Fertilité et grossesse
Les études disponibles n'ont montré aucun impact négatif de l'embolisation du SCP sur la fertilité ni sur les grossesses futures.
Varices pendant la grossesse : que faire ?
Pendant la grossesse, l'augmentation du volume sanguin nécessaire au développement du fœtus dilate les veines du petit bassin, et l'utérus volumineux freine mécaniquement le retour veineux des membres inférieurs : des varices (vulvaires, fessières, des jambes) peuvent alors apparaître. Elles régressent le plus souvent, totalement ou partiellement, après l'accouchement.
Il est recommandé d'attendre 3 à 4 mois après l'accouchement avant de consulter pour un bilan d'insuffisance veineuse, le temps que la situation se stabilise naturellement.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le syndrome de congestion pelvienne ?
Le SCP est-il souvent manqué au diagnostic ?
Quelle est la différence entre syndrome de congestion pelvienne et endométriose ?
Quelle taille de veine ovarienne est considérée comme pathologique ?
Le SCP peut-il s'améliorer seul, sans traitement ?
Quand faut-il consulter un radiologue interventionnel pour un SCP ?
L'embolisation du syndrome de congestion pelvienne est-elle douloureuse ?
Combien de temps dure la convalescence après l'embolisation ?
L'embolisation du SCP affecte-t-elle la fertilité ?
Quels sont les résultats de l'embolisation sur la douleur ?
Des varices sont apparues pendant ma grossesse, est-ce un syndrome de congestion pelvienne ?
Technique d'embolisation, déroulement, résultats sur les douleurs et suivi.
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Références scientifiques
Barat M, Soyer P, Dohan A. Diagn Interv Imaging 2025;106(10):335-336.
Le Pennec V, Douane F, Brun JL, Frandon J, et al. Diagn Interv Imaging 2025;106:356-366.
Pourquoi cette page est fiable
Rédigée par l'équipe de Radiologie Interventionnelle de l'Hôpital Cochin AP-HP, Université Paris Cité. Relecture médicale par un radiologue interventionnel du service. Dernière mise à jour : juillet 2026.
