Réponse rapide
L'alcoolisation percutanée injecte de l'alcool pur à 95 % dans une lésion ou autour d'un nerf, sous guidage échographique ou scanner. L'alcool provoque une destruction cellulaire ciblée, utilisée pour certains kystes, nodules ou blocs nerveux à visée antalgique.
📖 Qu'est-ce que l'alcoolisation percutanée ?
L'alcoolisation percutanée (ou injection d'éthanol absolu) est une technique de radiologie interventionnelle qui consiste à injecter de l'alcool pur à 95% dans une lésion ou autour d'un nerf, sous guidage imagerie (échographie ou scanner). L'alcool provoque une destruction cellulaire par déshydratation, dénaturation protéique et thrombose vasculaire.
Les principales indications sont : les kystes rénaux symptomatiques (sclérose), les métastases hépatiques d'insulinomes ou tumeurs endocrines, les ganglions nerveux (bloc alcoolique coeliaque pour douleurs cancéreuses), les tumeurs thyroïdiennes bénignes (kystes, nodules chauds), et les endométriomes ovariens (sclérothérapie à l'éthanol). Technique ambulatoire, anesthésie locale.
ℹ️ Le névrome de Morton n'est pas traité par alcoolisation dans notre centre : il relève d'une destruction percutanée par cryoablation, technique différente et dédiée.
⚡ L'alcoolisation percutanée en bref — Chiffres clés
L'alcoolisation percutanée injecte de l'alcool absolu directement dans un nodule ou un kyste, sous guidage échographique ou scanner, pour le détruire ou le stériliser sans chirurgie.
| Critère | Données |
|---|---|
| Indications | Nodules thyroïdiens toxiques ou récidivants, kystes rénaux ou hépatiques symptomatiques, certaines lésions parathyroïdiennes |
| Anesthésie / hospitalisation | Anesthésie locale — ambulatoire dans la majorité des cas |
| Cicatrice | Aucune — voie percutanée par aiguille fine |
| Séances | Une à plusieurs séances selon la taille et la réponse |
| Prise en charge | Remboursée par l'Assurance Maladie à Cochin AP-HP — zéro dépassement d'honoraires |
Données validées par l'équipe du Pr Anthony Dohan, Département de Radiologie Interventionnelle, Hôpital Cochin AP-HP, Université Paris Cité.
Quels sont les bénéfices attendus ?
L'alcoolisation percutanée peut être proposée pour traiter des kystes symptomatiques ou certains nodules bénins, en alternative à la chirurgie. Les bénéfices attendus sont :
- Réduction durable du volume du kyste ou de la composante liquidienne du nodule traité
- Diminution ou disparition des symptômes liés à la compression (douleur, gêne)
- Technique ambulatoire sous anesthésie locale, sans incision ni cicatrice
- Alternative pour les patients non opérables (ex. adénome parathyroïdien)
- Répétable en cas de récidive
Principales indications
- Kyste thyroïdien : alcoolisation d'un kyste thyroïdien bénin symptomatique ou volumineux
- Kyste hépatique : sclérothérapie d'un kyste du foie symptomatique
- Kyste rénal : traitement d'un kyste rénal symptomatique (douleur, compression)
- Nodule thyroïdien partiellement kystique : réduction par alcoolisation de la composante liquide
- Parathyroïde hyperfonctionnelle : alcoolisation d'un adénome parathyroïdien chez des patients non opérables
- Endométriome ovarien : sclérothérapie à l'éthanol d'un kyste ovarien endométriosique, alternative à la kystectomie chirurgicale — détails ci-dessous
🌸 Sclérothérapie de l'endométriome ovarien
L'endométriome (ou kyste ovarien endométriosique) résulte de l'accumulation, cycle après cycle, de sang menstruel piégé dans le tissu endométriosique implanté sur l'ovaire. Le traitement de référence reste la kystectomie chirurgicale, mais celle-ci comporte un risque reconnu de diminuer la réserve ovarienne, en particulier en cas de kystes bilatéraux, de chirurgies itératives, ou dans le cadre d'un parcours d'assistance médicale à la procréation (AMP).
La sclérothérapie à l'éthanol constitue, dans des situations sélectionnées, une alternative mini-invasive : sous guidage échographique (voie transvaginale ou transabdominale), le kyste est ponctionné et son contenu évacué, puis de l'alcool est instillé quelques minutes pour détruire la paroi interne du kyste, avant d'être retiré. L'objectif est de limiter la récidive tout en préservant au maximum le tissu ovarien sain, contrairement à la chirurgie qui retire une partie du cortex ovarien avec le kyste.
Cette technique s'adresse à des patientes sélectionnées après discussion avec l'équipe de gynécologie, notamment en cas de kystes volumineux, de bilatéralité, ou de réserve ovarienne déjà fragilisée. Elle n'est pas systématiquement proposée en première intention et sa pertinence est évaluée au cas par cas.
Principes et déroulement de la procédure
L'alcoolisation (ou sclérothérapie percutanée) consiste à injecter, sous guidage échographique ou scanner, un agent chimique (alcool éthylique pur à 95 %, ou autre agent sclérosant) directement dans une lésion afin de la détruire sans chirurgie. L'alcool provoque une destruction cellulaire par déshydratation, dénaturation protéique et thrombose vasculaire.
Comment ça se passe ?
Réalisée en ambulatoire : Sous anesthésie locale
Ponction de la lésion sous guidage échographique en temps réel
Aspiration du contenu liquidien (kyste) si nécessaire
Injection de l'agent sclérosant dans la lésion : Durée totale : 20 à 45 minutes
Surveillance courte puis retour à domicile le jour même
Quelles sont les suites ?
Effets attendus et transitoires :
- Douleur modérée transitoire au site de traitement, traitée par antalgiques simples
- Diminution progressive de la lésion sur plusieurs semaines
Les complications sont les suivantes :
| Complication | Description | Fréquence |
|---|---|---|
| Douleur locale lors de l'injection | Brève, liée à la diffusion de l'alcool | Fréquente |
| Récidive partielle de la lésion | Une nouvelle alcoolisation reste possible | 5–15 % |
| Diffusion de l'alcool aux tissus adjacents | Prévenue par un guidage précis ; exceptionnelle | Exceptionnelle |
| Infection | Traitée par antibiothérapie si nécessaire | < 1 % |
Suivi après le traitement
- Suivi échographique à 3 et 6 mois
- En cas de récidive, une nouvelle alcoolisation reste possible
Quelles sont les limites du traitement ?
- L'alcoolisation traite la lésion ciblée au moment de la procédure, mais ne prévient pas l'apparition de nouvelles lésions
- Une récidive partielle est possible (5 à 15 %) — une nouvelle séance reste alors possible
- Pour les lésions volumineuses ou complexes, l'efficacité peut être incomplète et nécessiter une approche complémentaire
Dans tous les cas, la chirurgie ou d'autres techniques restent possibles.
Quelles sont les autres techniques et alternatives possibles ?
🏥 Chirurgie
Exérèse chirurgicale de la lésion, plus invasive, réservée aux échecs ou aux lésions non accessibles par voie percutanée.
❄️ Thermoablation
Radiofréquence ou micro-ondes pour les nodules solides, selon la nature de la lésion.
👁️ Surveillance
Pour les lésions asymptomatiques et de petite taille, une simple surveillance échographique peut suffire.
💊 Traitement médical
Selon la lésion (par exemple traitement médicamenteux des adénomes parathyroïdiens), discuté en concertation avec le spécialiste référent.
Que se passe-t-il si je refuse finalement le traitement ?
Vous restez entièrement libre de votre décision. Votre médecin discutera avec vous des alternatives : chirurgie, thermoablation, traitement médical ou simple surveillance selon la nature de la lésion.
✅ Acte pris en charge par l'Assurance Maladie. Aucun dépassement d'honoraires.
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Rédigée par l'équipe de Radiologie Interventionnelle de l'Hôpital Cochin AP-HP, Université Paris Cité. Relecture médicale par un radiologue interventionnel du service. Dernière mise à jour : juillet 2026.
