L'embolisation du poignet est proposée après échec des infiltrations cortisoniques répétées. Elle agit sur le mécanisme physiopathologique profond — la néovascularisation pathologique — et non uniquement sur l'inflammation superficielle, permettant un soulagement plus durable.
Indications de l'embolisation du poignet
- Ténosynovite réfractaire : inflammation chronique des gaines tendineuses du poignet résistant aux infiltrations et à la kinésithérapie (ténosynovite de De Quervain, fléchisseurs, extenseurs)
- Arthrite radio-carpienne ou médio-carpienne chronique avec synovite visible à l'IRM
- Syndrome du canal carpien réfractaire avec composante inflammatoire synoviale documentée
- Polyarthrite rhumatoïde localisée au poignet en poussée réfractaire au traitement de fond
- Arthropathie post-traumatique du poignet avec douleurs chroniques persistantes
Néovascularisation pathologique du poignet douloureux
Les tendons et synoviales du poignet inflammatoire chronique développent des néovaisseaux pathologiques (en écho-Doppler : signal Doppler intra-tendineux ou intra-synovial absent dans l'articulation normale). Ces néovaisseaux, accompagnés de fibres nerveuses sensitives, sont responsables de la douleur chronique et de l'hypersensibilité locale.
Ce mécanisme, bien établi dans la tendinopathie d'Achille et l'épicondylite, s'applique avec succès aux ténosynovites et synovites du poignet. L'embolisation des artères nourricières de ces néovaisseaux les prive de leur apport sanguin et entraîne leur régression progressive.
Artères du poignet ciblées par l'embolisation
Le réseau artériel du poignet est complexe. L'embolisation cible les branches distales des artères radiale et ulnaire selon la localisation de la synovite :
- Branches dorsales de l'artère radiale : pour les ténosynovites des extenseurs et l'arthrite radio-carpienne dorsale
- Branches de l'arcade palmaire : pour les ténosynovites des fléchisseurs et les arthrites radio-carpiennes palmaires
- Branches récurrentes de l'artère ulnaire : pour les synovites médio-carpiennes et ulnaires
La précision du cathétérisme est capitale à ce niveau pour éviter tout risque d'ischémie digitale. Elle requiert une expertise spécifique en radiologie interventionnelle vasculaire.
La ténosynovite de De Quervain (inflammation des tendons long abducteur et court extenseur du pouce) est l'une des indications les plus étudiées de l'embolisation au niveau du poignet. Après échec des infiltrations, l'embolisation de l'artère radiale distale et de ses branches tendineuses permet un soulagement significatif dans 65 à 75 % des cas à 6 mois.
Echo-Doppler du poignet pour documenter le signal vasculaire intra-tendineux ou synovial. IRM du poignet selon la localisation. Questionnaire PRWE (Patient-Rated Wrist Evaluation) à J0.
Accès radial ou fémoral. Artériographie du poignet. Cathétérisme hypersélectif des branches artérielles alimentant la zone inflammatoire. Injection de microsphères calibrées (75-150 µm). Durée : 45 à 75 minutes.
Surveillance 2-4h post-procédure. Légère douleur locale possible 24-48h. Reprise progressive des activités de la main en 48-72h. Pas d'orthèse obligatoire.
Consultation à 6 semaines, puis à 3 et 6 mois. Questionnaire PRWE et EVA. Echo-Doppler de contrôle facultatif à 3 mois.
Questions fréquentes
L'embolisation du poignet est-elle adaptée à la ténosynovite de De Quervain ?
Quels sont les risques de l'embolisation du poignet ?
L'embolisation est-elle possible en cas de syndrome du canal carpien ?
Combien de temps dure le bénéfice de l'embolisation du poignet ?
L'embolisation du poignet est-elle remboursée ?
Genou, cheville, poignet, épaule, épicondyle : guide complet de l'embolisation articulaire à Cochin AP-HP.
