Réponse rapide
L'épicondylite latérale (tennis elbow) est une tendinopathie douloureuse du coude qui résiste parfois aux infiltrations répétées. L'embolisation des artères du coude, en ambulatoire et sans chirurgie, permet une amélioration de 70 à 80 % des symptômes chez les patients en échec de traitement conservateur.
📖 Qu'est-ce que l'épicondylite latérale (tennis elbow) ?
L'épicondylite latérale, communément appelée tennis elbow, est une tendinopathie douloureuse d'insertion des muscles épicondyliens au niveau de l'épicondyle latéral du coude. Elle touche environ 1 à 3% de la population adulte, particulièrement les 35–55 ans. Elle se manifeste par une douleur à la face externe du coude, aggravée par la préhension et la prono-supination.
Lorsque les traitements conventionnels échouent après 6 mois, l'embolisation artérielle percutanée (technique Okuno) cible la néovascularisation péri-tendineuse responsable de la douleur chronique. Réalisée sous anesthésie locale, en ambulatoire, elle réduit la douleur dans 70 à 85% des cas à 6 mois.
⚡ L'embolisation de l'épicondylite en bref — Chiffres clés
Dans l'épicondylite chronique (tennis elbow), des vaisseaux anormaux entretiennent l'inflammation du tendon. L'embolisation bloque ces micro-vaisseaux par cathéter, sous anesthésie locale, en ambulatoire.
| Critère | Données |
|---|---|
| Indication | Douleur persistante depuis plus de 6 mois malgré repos, rééducation et infiltrations |
| Anesthésie / hospitalisation | Locale — ambulatoire |
| N'empêche rien | Ne modifie pas le tendon : la chirurgie reste possible en cas d'échec |
| Prise en charge | Remboursée par l'Assurance Maladie à Cochin AP-HP — zéro dépassement d'honoraires |
Données validées par l'équipe du Pr Anthony Dohan, Département de Radiologie Interventionnelle, Hôpital Cochin AP-HP, Université Paris Cité.
🎯 Qu'est-ce que l'épicondylite latérale ?
L'épicondylite latérale, communément appelée "tennis elbow", est une tendinopathie douloureuse de l'insertion des muscles épicondyliens latéraux sur l'épicondyle du coude. Elle touche aussi bien les sportifs que les personnes exerçant des gestes répétitifs professionnels.
La douleur est localisée à la face externe du coude, irradiant parfois vers l'avant-bras, aggravée par la préhension, le serrage de main ou l'extension contrariée du poignet. Elle peut devenir invalidante et résistante aux traitements habituels.
Traitements conventionnels en échec chez vos patients ?
Efficace à court terme
Effet souvent transitoire
Indispensable mais insuffisant
✅ Quels sont les bénéfices attendus ?
L'embolisation artérielle percutanée peut être proposée en cas d'épicondylite latérale chronique résistante aux traitements conventionnels. Cette technique cible la néovascularisation pathologique responsable de la douleur, avec les bénéfices attendus suivants :
- Réduction significative de la douleur dans 70 à 80 % des cas à 12 mois
- Pas de plâtre ni d'immobilisation nécessaire après le geste
- Traitement ambulatoire sous anesthésie locale, sans hospitalisation
- Reprise des activités légères dès le lendemain
- Alternative à la chirurgie en cas d'échec des traitements conservateurs
- Technique répétable en cas de récidive partielle
🔬 Mécanisme d'action
Dans l'épicondylite chronique, le tendon développe des néovaisseaux pathologiques (néovascularisation) accompagnés de terminaisons nerveuses sensitives. C'est cette néovascularisation qui entretient la douleur par un mécanisme d'inflammation neurogène.
L'embolisation consiste à occlure sélectivement ces micro-vaisseaux pathologiques par injection hypersélective de microsphères calibrées (75–100 µm) dans l'artère récurrente radiale antérieure. En réduisant l'apport vasculaire anormal, on supprime le substrat de la douleur chronique.
Ce principe a d'abord été validé dans la gonarthrose (embolisation synoviale) puis étendu aux autres tendinopathies chroniques résistantes : épaule, pubis, talon, épicondyle.
📋 Indications
- Épicondylite latérale chronique évoluant depuis plus de 3 à 6 mois
- Échec d'au moins 2 infiltrations de corticoïdes bien conduites
- Échec de la kinésithérapie excentrique bien conduite
- Néovascularisation confirmée à l'échographie-Doppler du coude
- Douleur significative (EVA ≥ 4/10) altérant la qualité de vie ou l'activité professionnelle
ℹ️ La décision est prise en concertation avec le rhumatologue ou le chirurgien orthopédiste. Une échographie-Doppler récente du coude est indispensable avant la procédure.
🔧 Déroulement de la procédure
Bilan préopératoire : échographie-Doppler du coude confirmant la néovascularisation, bilan biologique standard, arrêt des anti-inflammatoires 5 jours avant.
Ambulatoire : arrivée le matin, sortie en fin de journée. Anesthésie locale au point de ponction au poignet ou au coude.
Artériographie sélective sous guidage fluoroscopique : cathétérisme hypersélectif des branches de l'artère récurrente radiale antérieure alimentant la zone pathologique.
Embolisation : injection de microsphères calibrées (75–100 µm) dans les néovaisseaux pathologiques. Contrôle artériographique confirmant l'occlusion des vaisseaux cibles.
Durée totale : 45 à 90 minutes. Surveillance de 2 à 3 heures. Retour à domicile le jour même.
🏥 Suites et récupération
- Légère douleur au coude et au point de ponction pendant 24 à 48h, traitée par paracétamol
- Pas de plâtre ni d'immobilisation nécessaire
- Reprise des activités légères dès le lendemain
- Activités sportives reprises progressivement à 4 à 6 semaines
- Amélioration progressive sur 4 à 12 semaines après la procédure
- Échographie et consultation de contrôle à 3 mois
La kinésithérapie de rééducation (excentrique, étirements) est reprise et maintenue après l'embolisation pour consolider le résultat.
Les complications sont les suivantes :
| Complication | Description | Fréquence |
|---|---|---|
| Hématome au point de ponction | Résorption spontanée en quelques jours | < 3 % |
| Douleur transitoire post-procédure | 24 à 48h, traitée par paracétamol | Fréquent |
| Absence d'amélioration | Une nouvelle embolisation ou une approche chirurgicale peut être discutée | 20–30 % |
| Ischémie cutanée locale | Exceptionnelle grâce au calibre des particules utilisées | Exceptionnelle |
📐 Quelles sont les limites du traitement ?
- L'amélioration de la douleur est progressive sur 4 à 12 semaines, non immédiate
- Dans 20 à 30 % des cas, l'amélioration est insuffisante — une nouvelle embolisation ou une chirurgie peuvent être discutées
- La kinésithérapie de rééducation doit être poursuivie pour consolider le résultat
Dans tous les cas, la chirurgie reste possible si nécessaire.
🔀 Quelles sont les autres techniques et alternatives possibles ?
💉 Infiltrations de corticoïdes
Traitement de première intention, mais effet souvent transitoire et risque de récidive après plusieurs infiltrations.
🔨 Kinésithérapie excentrique
Indispensable en première intention, peut être insuffisante seule dans les formes chroniques résistantes.
🏥 Chirurgie de désinsertion
Geste chirurgical de libération tendineuse, réservé aux échecs de toutes les autres options, avec convalescence plus longue.
👁️ Surveillance / repos
Pour les formes peu sévères ou récentes, le repos et les anti-inflammatoires peuvent suffire.
❔ Que se passe-t-il si je refuse finalement le traitement ?
Vous restez entièrement libre de votre décision. Votre médecin discutera avec vous des alternatives : infiltrations, poursuite de la kinésithérapie, chirurgie de désinsertion, ou simple surveillance selon votre situation.
📊 Résultats attendus
Les études publiées (Okuno et al., JVIR 2017 ; Luenam et al., CVIR 2019) montrent une amélioration significative de la douleur dans 70 à 80% des cas à 12 mois. La technique est répétable en cas de récidive partielle.
📚 Références :
• Okuno Y et al. Transcathéter arterial embolization as a treatment for medial and lateral epicondylitis. J Vasc Interv Radiol. 2017.
• Luenam S et al. Transcathéter arterial embolization for chronic lateral epicondylitis refractory to conservative treatment. Cardiovasc Intervent Radiol. 2019.
📊 Embolisation vs Chirurgie
| Critère | 🦾 Embolisation | 🔪 Chirurgie |
|---|---|---|
| Anesthésie | ✅ Locale | Générale ou loco-régionale |
| Hospitalisation | ✅ Ambulatoire | Ambulatoire ou 1 nuit |
| Reprise activité | ✅ J+1 | 4 à 8 semaines |
| Cicatrice | ✅ Aucune | Cicatrice chirurgicale |
| Répétable | ✅ Oui | Difficile |
| Efficacité à 1 an | 70–80% | 75–85% |
❓ Questions fréquentes
Les délais de rendez-vous sont-ils longs ?
Puis-je bénéficier de cette technique si j'ai déjà eu une infiltration récente ?
L'embolisation traite-t-elle aussi l'épicondylite médiale (golfer's elbow) ?
La procédure est-elle prise en charge par la Sécurité Sociale ?
Dois-je arrêter mon travail après la procédure ?
Pour qui est indiquée l'embolisation ?
L'intervention est-elle douloureuse ?
Une lettre médicale est-elle nécessaire ?
Vais-je avoir mal ?
Puis-je conduire après l'intervention ?
Dois-je arrêter mes anticoagulants ?
Puis-je manger avant l'intervention ?
Quand puis-je reprendre le travail ?
📄 Document patient à télécharger
Fiche d'information patient — Embolisation de l'épicondylite
Document complet sur le déroulement, les suites et la surveillance.
✅ Acte pris en charge par l'Assurance Maladie · Aucun dépassement d'honoraires · Hôpital Cochin AP-HP
🤝 Douleurs de l'appareil locomoteur : le service de MPR de Cochin
Toutes les douleurs ostéo-articulaires ne relèvent pas de la radiologie interventionnelle. Le service de Médecine Physique et de Réadaptation (MPR) de l'hôpital Cochin, dirigé par le Pr François Rannou, prend en charge le traitement médical des pathologies de l'appareil locomoteur : lombalgie, cervicalgie, hernie discale, arthrose, canal lombaire rétréci, scoliose, pathologies de l'épaule, traumatologie du sport, ainsi que les rhumatismes inflammatoires.
Le service dispose d'un plateau technique complet (balnéothérapie, échographie musculo-squelettique, analyse du mouvement, ergothérapie, podologie) et propose des consultations de médecine physique, médecine du sport, médecine manuelle et rhumatologie, ainsi que des infiltrations du rachis. Les dossiers complexes sont discutés en réunions médico-chirurgicales.
Secrétariat MPR : 01 58 41 25 87 · Bâtiment Hardy B, hôpital Cochin, 27 rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris
📚 Références scientifiques
Sapoval M, Querub C, Pereira H, Pellerin O, Boeken T, Di Gaeta A, et al. Diagn Interv Imaging 2024;105(4):144-150.
J Vasc Interv Radiol 2024.
✓ Pourquoi cette page est fiable
Rédigée par l'équipe de Radiologie Interventionnelle de l'Hôpital Cochin AP-HP, Université Paris Cité. Relecture médicale par un radiologue interventionnel du service. Dernière mise à jour : juillet 2026.
